Communiqué de presse

CRE Sciences Po découvre avec affliction – mais sans grand étonnement – la liste des participants à la conférence organisée ce jeudi 13 mars par « Europeans Now » sur le thème « Élis ton président européen ! ».

Les cinq prétendants sélectionnés par l’association de MM. Marquardt et Cohn-Bendit se distinguent en effet par leur soutien commun à l’Union européenne issue du traité de Maastricht, à l’euro comme monnaie unique ainsi qu’au principe d’une intégration supranationale toujours plus poussée.

Aucune force véritablement euro-critique, de droite ou de gauche, ne sera invitée à faire entendre une voix dissidente. Dans ce scrutin fictif pour un poste fictif, les étudiants présents devront donc choisir entre un fédéraliste « libéral » et un fédéraliste « social ». Triste constante du « débat » européen à Sciences Po, qui n’a malheureusement rien pour surprendre les habitués de l’euro-béatitude.

Il est d’ailleurs amusant de voir les organisateurs déplorer que l’UE ne soit « pas encore une réelle démocratie ou les citoyens élisent une majorité parlementaire et son chef de l’exécutif au suffrage universel ». Nous pourrions d’abord leur objecter qu’un cadre historique présentant de telles caractéristiques institutionnelles existe depuis un certain temps sur notre continent. On l’appelle « État-nation », paraît-il…

Nous remarquons également que l’association n’envisage pas de débattre sur le principe même de l’établissement d’un « président de l’Union », qui semble lui apparaître comme l’évidence même ; des problèmes criants mériteraient pourtant d’être soulevés à ce propos, concernant notamment le manque de légitimité dont pâtirait un tel « chef » – élu par l’addition des suffrages recueillis dans vingt-huit communautés nationales distinctes.

Enfin, au vu de la programmation évoquée plus haut et des habitudes inquisitoriales désormais ancrées dans la pratique européiste, nous imaginons assez nettement quelle place cette « démocratie européenne » accorderait à la critique de ses présupposés…

Quoi qu’il en soit, nous regrettons cette nouvelle démonstration de sectarisme. De notre côté, nous continuerons à œuvrer pour le pluralisme et la vitalité du débat intellectuel à Sciences Po, contre tous les conformismes et tous les ostracismes.

A ce titre, nous serons particulièrement honorés d’accueillir MM. Jacques Sapir et André Grjebine ce mardi 11 mars à 19h15, dans l’Amphithéâtre Claude Erignac (13 rue de l’Université). Économistes de renom, porteurs d’analyses passionnantes (et contradictoires), ils viendront débattre avec nous de cette question fondamentale pour l’avenir des peuples d’Europe : « Peut-on encore sauver l’euro ? ».

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