Présentation de Critique de la raison européenne au CNR-RUE

Bonjour à tous camarades,

Je m’appelle Raphaël et je suis membre du Bureau National de l’association Critique de la raison européenne (CRE). Tout d’abord je tiens à remercier, au nom de CRE, le Comité National de Résistance Républicaine à l’Union Européenne (CNR-RUE) pour son invitation. Il est nécessaire de faire vivre, comme vous le faites, une parole alternative à la pensée unique européiste assenée depuis maintenant trop longtemps par les principaux médias et partis politiques français.

Critique de la Raison Européenne est une association étudiante « euro-mécréante » créée en 2013 à Sciences Po dans le but de diffuser les idées souverainistes et eurosceptiques, principalement par le biais de conférences et de débats. Dans une école dominée par le dogme européiste, il nous est apparu nécessaire de proposer aux étudiants une voix dissidente au sujet de l’Union européenne (UE). Nous avons ainsi invité Jacques Sapir et André Grjebine au sujet de l’euro, Coralie Delaume et Pierre Manent sur la souveraineté populaire et nationale ainsi que Périco Legasse et Bernard Lannes de la Coordination Rurale pour parler de la défense des terroirs français. En début d’année, nous avons aussi invité au cours de notre apéritif de lancement, Marie-Françoise Bechtel, vice-présidente du Mouvement Républicain et Citoyen (MRC), Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France (DLF) et Jacques Nikonoff, président du Mouvement Politique d’Emancipation Populaire (M’PEP). Initialement fondée à Sciences Po, notre association s’est étendue au-delà de cette institution et nous avons des sections à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris 1), l’Université Panthéon-Assas (Paris 2), l’Institut catholique de Paris, les universités de Strasbourg et de Rennes et l’IEP de Strasbourg. D’autres sections sont en cours de formation, notamment à l’Université Paris-Sorbonne (Paris-IV) et à l’Université d’Orléans, et j’invite les étudiants qui soutiennent le CNR-RUE à nous rejoindre.

Les européistes nous accusent souvent d’être d’extrême droite, d’être des fascistes ou des rouges-bruns. D’être contre l’Europe et les autres peuples européens. Ces accusations sont bien évidemment fantaisistes et assez ironiques de la part de ceux qui se font pour certains financeurs de néo-nazis ukrainiens. Nous sommes pour une vraie coopération entre les peuples européens, c’est à dire non pas pour une union bureaucratique et anti-démocratique mais pour une libre coopération entre des Nations souveraines en Europe et dans le monde. Les accusations systématiques de xénophobie à l’encontre des souverainistes ne sont là que pour tenter de nous discréditer auprès de l’opinion et ne doivent pas nous faire peur. A Sciences Po, nous sommes témoins de ce terrorisme intellectuel des fédéralistes. Ainsi certains étudiants déjà convertis au dogme européiste et désireux de montrer que, malgré leur jeunesse, ils sont déjà des chiens de garde du système, nous accusent fréquemment d’être une association d’extrême droite, d’être des rétrogrades, des jeunes déjà vieux. Malgré tout, ce terrorisme intellectuel est de moins en moins efficace auprès d’une population avide d’un véritable changement.

Comme vous, nous sommes lassés des vieux clivages fossilisés et notamment du clivage gauche/droite tel qu’il est présenté par les médias et les politiques. L’UMP, le PS et leurs alliés centristes ou éco-libéraux se mettent systématiquement d’accord pour nous imposer ce qu’ils nomment fédéralisme européen et les politiques d’austérité dictées par Bruxelles. Les gouvernements se succèdent mais les politiques restent les mêmes. Et au Parlement Européen, le Parti Populaire Européen, le Parti Socialiste Européen et leurs alliés votent quasiment toujours ensemble contre les peuples et les nations. Dans notre combat contre l’Union Européenne et pour la défense de la France et de sa souveraineté, il nous est donc apparu nécessaire de fédérer aussi bien les souverainistes de gauche que ceux de droite. L’exemple du nouveau gouvernement grec qui regroupe la Coalition de la Gauche Radicale Syriza, les écologistes locaux et des partis de droite comme les Grecs Indépendants ou les démocrates-chrétiens nous montrent que face à un ennemi commun, de nouvelles alliances sont nécessaires. Notre Bureau National, dont je fais partie, est ainsi composé de membres du Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, du MRC de Jean-Pierre Chevènement et de DLF de Nicolas Dupont-Aignan. CRE est ainsi l’un des rares endroits où souverainistes de droite et de gauche peuvent se rencontrer et échanger.

Malgré nos divergences nous avons le sentiment de partager l’essentiel, c’est à dire la conviction que l’État-nation est le cadre politique le plus légitime, la volonté de rendre aux peuples européens la maîtrise de leurs destins respectifs, l’amour de la France et le refus d’une idéologie imposée par l’UE, qui exclut tout patriotisme et interventionnisme économique et menace ainsi notre modèle social.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Les fédéralistes européens, de gauche comme de droite, détruisent petit à petit notre souveraineté nationale et populaire en retirant aux états et aux peuples européens la maîtrise de leur destin. En France, l’adoption du Traité de Lisbonne en 2007 malgré la victoire du « Non » à la constitution témoigne du mépris des européistes pour la volonté du peuple. « Il ne peut y avoir de choix démocratique contre les Traités européens ». Ces mots prononcés par Jean-Claude Junker, président de la Commission européenne, juste après la victoire de Syriza témoignent de cette terrible réalité. Les peuples d’Europe ne sont plus libres. Ils sont soumis au joug de Berlin et de Washington. Car derrière l’UE, c’est un peu l’empire américain qui impose sa volonté. Contrairement à ce qui est régulièrement affirmé, le but de l’UE n’est absolument pas de contester l’hégémonie américaine. Rien de ce que fait l’UE n’est contraire aux intérêts américains et le traité de Lisbonne impose la coopération des armées européennes et de l’OTAN. La signature du traité transatlantique viendrait renforcer cette soumission de l’Europe aux Etats-Unis et menacerait encore un peu plus nos acquis sociaux. L’opacité des négociations concernant ce traité fondamental démontre une nouvelle fois que les européistes n’ont que faire de la démocratie. Par ailleurs l’austérité imposée par Bruxelles met les peuples à genoux pour les intérêts d’une poignée d’oligarques. Partout en Europe, les conséquences de ces politiques sont catastrophiques pour les peuples. La Grèce, berceau de la démocratie, s’est retrouvée asphyxiée par Merkel, Sarkozy et Hollande. Plus que jamais, l’association des luttes sociales et des luttes patriotiques est nécessaire.

Et ce que l’UE ne peut avoir, elle le prend par la force ou le détruit comme en Ukraine où des européistes n’ont pas hésité à soutenir les néo-nazis de Svoboda et de Pravy Sektor. L’est de l’Ukraine est mis à feu et à sang par l’armée ukrainienne et ses supplétifs fascistes dont l’objectif affiché est de débarrasser l’Ukraine des Russes, des juifs et des communistes. Les persécutions que subissent nos camarades communistes n’ont d’ailleurs pas soulevé la moindre protestation de la part des grands démocrates qui nous gouvernent. L’Europe c’est la paix sauf quand une nation refuse de se soumettre. Qu’importe que le gouvernement de Kiev comporte des ministres nazis, qu’importe qu’il persécute ses opposants, qu’importe qu’il bombarde des populations civiles, du moment que les intérêts de l’oligarchie européenne et américaine sont préservés.

En France, les principaux partis français, qu’il s’agisse de l’UMP ou du PS, sont totalement soumis à Bruxelles. L’arrivée au pouvoir de François Hollande n’a rien changé, ce dernier étant tout aussi obéissant que Sarkozy comme en témoignent l’adoption dès le début de son mandat du TSCG et la continuation des politiques d’austérité. Il paraît de plus en plus évident que la solution ne pourra venir des partis du système. La situation de notre pays se dégrade de jour en jour, le chômage et la pauvreté augmentent, de même que l’insécurité. L’austérité touche tous les pans de la société et se traduit par des coupes aussi bien dans la santé et dans l’éducation que dans la police et dans l’armée. L’UE menace aussi notre culture et nos identités et nous rendant plus vulnérable au tout-anglais ou à la culture unique mondialisée qui s’attaquent à notre langue, à nos terroirs et à nos traditions.

Finalement l’UE est l’antithèse même de notre République. L’euro-régionalisme menace l’unité et l’indivisibilité de la République en appuyant les velléités autonomistes régionales. La destruction de notre souveraineté prive notre peuple de sa liberté. Les politiques d’austérité rendent impossible l’instauration d’une réelle égalité entre tous les citoyens. Quant à la fraternité, elle est tout à fait étrangère à la froide bureaucratie européenne qui nous dirige. Unité et Indivisibilité de la République, Liberté, Egalité Fraternité. Telle était la devise initiale de la France, telle est précisément ce que cherche à détruire l’Union Européenne. L’abstention très élevée à chaque élection européenne témoigne aussi de la rupture entre l’UE et les citoyens.

Malgré tout, nous pouvons garder espoir. Partout en Europe, les peuples européens manifestent leur mécontentement contre les politiques mises en place par leurs dirigeants. La construction européenne suscite de plus en plus colère et rejet. Les scores importants obtenus par des partis critiques envers l’UE comme Syriza en Grèce, Podemos en Espagne ou le Sinn Fein en Irlande témoignent de ce sursaut des peuples, malgré les critiques légitimes que nous pouvons faire à ces partis. Et avec la montée de ces partis, la comédie jouée par les partis social-démocrates et conservateurs perd de plus en plus de crédibilité au fur et à mesure que les unions sacrées européistes et austéritaires se multiplient.

Je pourrai continuer encore pendant longtemps à dénoncer les crimes de l’UE, la façon dont elle écrase les peuples, détruit les cultures et broie les nations mais il me faudrait la journée entière. Je finirai donc, camarades, en vous exhortant à l’unité. Comme vous essayez de la faire au sein du CNR-RUE et comme nous essayons de la faire au sein de CRE, il est nécessaire de faire se rencontrer tous ceux qui luttent réellement contre ce système anti-populaire et anti-national et de permettre l’émergence d’une réelle alternative. Je terminerai avec ces mots d’Aragon extraits de la Rose et le Réséda :

« Quand les blés sont sous la grêle

Fou qui fait le délicat

Fou qui songe à ses querelles

Au cœur du commun combat ».

Je vous remercie.

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Un commentaire sur “Présentation de Critique de la raison européenne au CNR-RUE

  1. L’U.E soumise aux Etats-Unis, l’austérité imposée aux peuples, et l’opacité que vous dénoncez, à raison, n’est que le résultat de l’Europe des nations, car l’U.E, telle qu’elle est aujourd’hui, c’est l’Europe des nations, c’est bien les gouvernements européens qui définissent les politiques, et qui adoptent les directives. C’est cet européisme intergouvernemental qui est promu par nos élites politiques et médiatiques, ce n’est nullement le fédéralisme européen qui, au contraire, exige une réelle démocratie européenne.

    Si nos médias étaient réellement fédéralistes, comment expliquer que France-Télévision ait refusé, lors des élections européennes de 2014 de re-transmettre le débat entre les candidats à la présidence de la commission le 15 mai ?

    Quant à l’UE « américaine », je tiens à préciser que l’accord Swift, traité international liberticide, a été approuvé à l’unanimité par les Etats-Membres, en faisant fi du Parlement européen, pourtant la seule institution directement élue. Quant à l’autre accord liberticide, ACTA, approuvé par les Etats-Membres, il a été massivement rejeté par le Parlement européen (478 voix pour, 39 contre, 165 abstentions), vote qui a contraint l’U.E a ne pas le ratifier. Je vous laisse deviner lequel de ces modèles européens est le plus soumis au joug américain : l’Europe des nations qui a approuvé Swift, ou l’Europe parlementaire qui a rejeté ACTA ?

    Pour ce qui est du mythe de l’U.E « ultra-libérale » et « anti-sociale », je donne juste un exemple: la taxe sur les transactions financières proposée par la Commission, approuvée par le Parlement européen, a été rejetée par certains Etats-membres, dont la France, sous l’influence des lobbys financiers. Le Programme européen d’aide aux plus démunis, mis en place par la Commission Delors a également disparu au profit d’un programme nettement moins ambitieux, à cause de l’Allemagne et de la Suède.

    Quant à l’austérité, elle est décidée par l’Eurogroupe, réunion des chefs d’Etats de la zone euro. Il convient aussi de noter que la Grande-Bretagne a accompli des coupes budgétaires drastiques sans qu’on ne le lui demande. C’est d’ailleurs ça qui a nourri l’année dernière, les velléités indépendantistes en Ecosse, particulièrement touchée.

    Quand vous dîtes que l’Union européenne s’attaque à notre culture, je ne vois pas en quoi. L’entretien du patrimoine historique très riche des pays de notre continent est en grande partie assuré par les fonds européens. Par exemple, des régions comme l’Auvergne ou la Sicile sont riches d’un patrimoine exceptionnel que ces collectivités n’ont pas les moyens d’entretenir. Si ce patrimoine est encore là, c’est grâce aux fonds européens.

    L’Europe essaye d’autant moins de détruire notre langue que les arrêts de la CJUE sont rendus en Français.

    J’attends aussi que vous me démontriez en quoi la nation est un cadre plus légitime pour la démocratie que la région (l’échelon local) ou que l’Union européenne.

    Je tiens enfin à ajouter que je ne vous ai jamais considéré comme des fascistes ou des militants d’extrême droite.

    Bien à vous,
    Alexandre Marin

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